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Liberté religieuse ou liberté d’expression ?

PRINCETON – Le mois dernier, le Conseil des droits de l’homme de l’Onu a adopté une résolution condamnant “la diffamation de la religion” en tant que violation des droits humains. Selon le texte de la résolution, “la diffamation de la religion constitue un grave affront à la dignité humaine” qui mène à “une restriction de la liberté (religieuse) des adeptes.”

La résolution a été proposée par l’Organisation de la conférence islamique (OIC) composée de 56 pays, et portée devant le Conseil des droits de l’homme par le Pakistan. Il soutient qu’il visait des événements telles les caricatures désobligeantes du prophète Mahomet publiées dans un magazine danois il y a trois ans.

L’Allemagne s’est opposée à cette résolution. Parlant au nom de l’Union européenne, un porte-parole allemand a rejeté le concept de “diffamation de la religion” comme non valide dans le contexte des droits de l’homme, car les droits de l’homme appartiennent à des individus, et non à des institutions ou à des religions.

De nombreuses organisations non gouvernementales, laïques et religieuses, se sont opposées à cette résolution. Ronald Lauder, président du World Jewish Congress, a déclaré que son organisation considérait que cette résolution affaiblissait “le droit des individus à exprimer leurs points de vue.”