0

L’Économie et les ghettos français

Les jeunes qui ravagent actuellement la France ont compris qu’ils n’ont pas d’avenir. C'est pourquoi ils brûlent des voitures. Combien d’hommes politiques français comprennent que c’est le « modèle social » qu’ils chérissent tant qui en est en partie responsable ?

Les immigrants de deuxième génération n’ont aucune perspective d’avenir économique en France, pour deux raisons essentielles. D’abord, l’économie connaît une croissance trop faible. Comme dans la plupart des pays d’Europe continentale, les performances économiques se sont montrées très décevantes au cours des vingt dernières années. Et la France a réussi à faire pire que ses voisins.

Dans la période de 1998 à 2000, seuls deux pays membres de l’OCDE, l’Allemagne et la Grèce, enregistraient une croissance du revenu par tête inférieur à celui de la France. L’Allemagne avait dû, elle, faire face aux coûts et au traumatisme énormes de la réunification avec l’Allemagne de l’Est. La Grèce, quant à elle, souffrait de la guerre dans les Balkans. Quelle excuse la France a-t-elle ?

Ensuite, quelle que soit sa croissance, la France ne procède pas à la redistribution des richesses vers les classes défavorisées. De nombreux jeunes appartenant à la deuxième génération sont virtuellement exclus du marché du travail. Le taux moyen du chômage stagne aux environs des 10 % depuis plusieurs années : c’est l’un des taux les plus élevés de l’OCDE. Et chez les jeunes, ce taux est plus que doublé. Dans les banlieues, qui sont devenues des no man’s land de désespoir, il atteint les 40 % et plus chez ceux qui ont abandonné l’école.