9

Une alliance politique progressiste pour l’Europe

WASHINGTON, DC – Dans moins de trois semaines, nous saurons qui sera le prochain président des États-Unis. Quel type de partenaire ce président trouvera-t-il en Europe ? Cela dépendra essentiellement de l'issue de deux élections en 2017: l’élection présidentielle en France au début de mai et les élections fédérales en Allemagne à la fin octobre.

Bien sûr, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne aura aussi un impact sur la forme future de l'Europe. La possibilité d’un « Brexit dur », qui a reçu beaucoup d'attention ces derniers temps – en particulier depuis que la Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé son intention de se concentrer sur la limitation de l'immigration, même si cela implique de perdre l'accès au marché unique, bouleverserait à elle seule la façon dont l'Europe fonctionne.

Comme le Premier ministre français Manuel Valls l’a récemment écrit, la question fondamentale qui est face aux dirigeants européens est « d’abandonner le projet européen à une mort lente mais certaine » ou « de transformer l'UE ». Pareille transformation ne serait pas chose facile. Il faudrait non seulement une nouvelle vision institutionnelle pour l'Europe, mais aussi une restructuration politique majeure, notamment en France et en Allemagne.

Une vision institutionnelle viable, que j’ai décrite bien avant le vote du Brexit, serait d'établir « deux Europes en une ». Les pays de la zone euro formeraient une « Europe A », plus profondément intégrée, tandis qu'un autre groupe de pays constitueraient une « Europe B », plus diversifiée et moins strictement interconnectée. Les deux Europes seraient étroitement liées, avec des arrangements différents entre les différents membres de l’Europe B. Ensemble, les deux Europes feraient partie du « partenariat continental » de l'après-Brexit, qui pourrait même remplacer purement et simplement l’UE à terme.