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La France, l'Italie et l'Angleterre face à l'élargissement de l'UE

Jusqu'à présent, les Français, les Italiens et les Anglais ont adopté des positions très différentes les uns des autres vis à vis de l'Union européenne, mais leur attitude était prévisible.

Les Italiens se sont montrés chauds partisans du processus d'intégration, au point d'en redemander. Les Français, avantagés par leur position centrale au sein de l'UE, ont choisi de s'accrocher à leurs privilèges, en commençant par les bénéfices qu'ils tirent de la PAC (Politique Agricole Commune). Et les Anglais, comme il est de coutume, membres réticents de l'UE, n'ont guère proposé d'alternative. Mais aujourd'hui ces stéréotypes ne fonctionnent plus.

Avec l'arrivée au pouvoir de la coalition de droite du gouvernement de Berlusconi, l'Italie a perdu son enthousiasme pro-européen, ce qui a conduit à la démission de Renato Ruggiero, le ministre des Affaires étrangères. En France, deux membres connus du parti socialiste on récemment émis des propositions visant à repositionner la France vis à vis de l'UE, notamment en ce qui concerne la politique agricole. En Angleterre, le gouvernement est sur le point de proposer la création d'un Conseil de sécurité européen analogue à celui de l'ONU, qui aurait préséance sur les institutions de Bruxelles et qui serait dirigé par l'Angleterre, la France et l'Allemagne (ce qui n'est pas une surprise).

A première vue, ces événements semblent se dérouler à l'échelle nationale et leur simultanéité n'être que simple coïncidence. Le gouvernement de droite de Berlusconi a besoin du soutien de la Ligue du Nord xénophobe et des partis post-fascistes de l'Alliance nationale, on peut donc s'attendre de sa part à un peu de rhétorique anti-européenne. En France, les élections présidentielles qui approchent vont mettre face à face le Premier ministre actuel, Lionel Jospin, et le président en place, le gaulliste Jacques Chirac. Il est donc urgent pour les socialistes de réactualiser leur position vis à vis de l'UE. En Angleterre, l'idée d'un Conseil européen de sécurité appartient à la gamme des réflexes habituels : les Anglais n'apprécient guère le processus d'intégration européenne et s'imaginent toujours qu'ils pourront persuader les autres membres de la supériorité d'un système intergouvernemental. Ils n'arrêtent pas de répéter que la situation évolue en leur faveur, ce qui n'est pas le cas.