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La Françafrique a 50 ans

DAKAR – Ce mois-ci les pays africains francophones vont célébrer le cinquantième anniversaire de leur indépendance et des liens qu’ils entretiennent avec la France. Ont-ils seulement de bonnes raisons de le faire ?

Même avant sa prise de fonction en 1958, le président français Charles de Gaulle avait prévu qu’une vague de nationalisme révolutionnaire déferlerait bientôt en Afrique, en Asie, en Amérique latine et au Moyen-Orient. En tant que président, il a cherché à empêcher ce tsunami. Il a proposé aux leaders des colonies africaines françaises de négocier un accord d’indépendance.

Pour saisir son offre, les dirigeants devaient accepter, entre autres, de permettre le stationnement de troupes françaises sur leur territoire, de fournir à la France un bon stock de matières premières à des prix fixés à l’avance, de rembourser toutes les dettes de la période coloniale à la France, de maintenir le franc C FA Franc comme monnaie d’échange et d’accorder au Trésor français le droit de véto sur leurs banques centrales régionales. De Gaulle a obtenu presque tout ce qu’il voulait et leur a accordé l’indépendance.

Depuis, l’Afrique francophone n’a fait que payer les frais de son indépendance. Les troupes françaises n’ont cessé d’intervenir au Tchad, au Gabon, au Zaïre, en République centrafricaine, au Togo et en Côte d’Ivoire pour mettre en place ou protéger des leaders suffisants, corrompus et incompétents, pour démettre les récalcitrants ou calmer l’agitation civile. Au Rwanda, la France a cependant dû faire oublier le prétendu rôle qu’elle a tenu dans le génocide de 1994.