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Mobilisons les réserves au profit de la croissance mondiale et de la stabilité

Si les guerres, comme l'a si bien dit Clémenceau, sont trop importantes pour être laissées aux généraux, le développement est trop important pour être laissé aux ministres des finances, aux directeurs des banques centrales, au FMI et à la Banque Mondiale. Le sommet sur "Le Financement du développement" le mois prochain, à Monterrey, au Mexique, est l'occasion parfaite pour tous les acteurs concernés, jusqu'aux présidents et aux premiers ministres, d'affirmer leurs intérêts.

La communauté internationale s'est accordée sur un ensemble de mesures élémentaires pour le développement mondial: la réduction de la pauvreté et de l'analphabétisme, et l'amélioration de la santé publique. Mais cela nécessite un accroissement considérable de l'aide à un moment où les piètres niveaux de l'aide apportée par les pays riches continuent de baisser. Le pays le plus riche au monde, les Etats-Unis, est aussi le plus mesquin. Tant que les pays les plus (économiquement) avancés seront figés dans cette attitude, les approches novatrices pour le financement économique du développement, et du bien-être public mondial de façon plus large, resteront à tester.

L'idée qui est actuellement étudiée est une nouvelle forme de monnaie globale, semblable aux Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI. Les DTS sont une sorte de monnaie internationale émise par le FMI, que les pays acceptent d'utiliser et d'échanger pour des dollars ou d'autres monnaies fortes. Le principe qui sous-tend cela est simple: chaque année, à travers le monde, les pays organisent des réserves pour se prémunir contre les imprévus tels que les baisses brutales des investissements étrangers ou l'effondrement des prix à l'exportation. Ainsi, un certain revenu international se retrouve bloqué au lieu d'être utilisé pour le financement d'investissements tant attendus par les pays pauvres.

Les sommes détenues en réserve sont énormes: aux environs de 1,6 billion globalement. Les pays aiment accroître leurs réserves en accord avec la croissance des importations et d'autres passifs étrangers. Si ces dettes augmentent de 10% par an, ils doivent mettre en réserve 160 milliards de dollars supplémentaires.