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Pour une réforme du budget européen

BRUXELLES – Mettre un coup d'arrêt au déclin économique de l'Europe et surmonter sa crise de compétitivité suppose des solutions radicales. Mais les dirigeants de l'UE restent fixés sur les anciennes priorités - un manque de vision qui est manifeste dans les négociations sur le Cadre financier pluriannuel 2014-2020 (CFP).

Encore une fois, les intérêts nationaux à court terme l'emportent sur la nécessité d'un budget européen flexible et efficace qui prenne en compte le long terme. Le Parlement européen qui doit approuver pour la première fois le CFP devrait utiliser son renouveau d'influence pour attirer l'attention de l'opinion publique européenne sur cette question et s'opposer aux intérêts particuliers des pays membres.

Dans un climat de resserrement budgétaire, il n'est guère surprenant que le Conseil de l'UE ait accepté de réduire cette année le budget européen à 3,4% du montant initialement prévu. Mais l'austérité étant contestée et les pays de l'UE souhaitant augmenter les dépenses, le Conseil devrait aussi considérer les contours du budget et veiller à ce que le CFP ne soit pas un obstacle à la croissance et aux investissements de demain. 

Ainsi, les coupes budgétaires envisagées visent les projets d'infrastructures transfrontalières, dont l'expansion de l'accès à Internet à grande vitesse dans les zones rurales, ainsi que le développement des transports et les infrastructures en matière d'énergie. Mais l'UE pourrait améliorer considérablement la rentabilité de ses investissements en coordonnant les projets d'infrastructures transnationales, ce qui permettrait des économies d'échelle et éviterait des redondances budgétaires parmi différents pays membres. Les Européens en bénéficieraient directement avec un meilleur accès à Internet, une baisse du coût de l'énergie et des transports plus efficaces.