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Combler le bon trou

LONDRES – Les ‘Lois des trous’ sont aussi impitoyables que les lois de la physique. Si vous vous retrouvez dans un trou et voulez en sortir, votre toute première réaction est d’arrêter de creuser. Si vous êtes confronté à un certain nombre de trous qui doivent être comblés et que vous ne savez pas par lequel commencer, vous choisissez celui qui constitue le plus grand danger. Ces lois sont particulièrement vérifiées lorsqu’appliquées aux finances publiques.  

Lorsque John Maynard Keynes parlait de sous-emploi persistant, il ne voulait pas dire que les économies, à la suite d’un choc important, demeurent figées à un niveau fixe de dépression d’activité. Mais il pensait en revanche que, sans stimulation externe, la reprise depuis le point le plus bas serait lente, incertaine, faible et sujette à des rechutes. Son « point d’équilibre du sous-emploi » est plus une forme de force gravitationnelle qu’une condition figée.

C’est une situation qu’Alan Greenspan, l’ancien directeur de la Réserve Fédérale américaine, avait décrit comme étant une « quasi-récession, » un meilleur terme que celui de « récession à double creux ». Elle indique une reprise anémique, avec des sursauts d’excitation ponctués par des rechutes. C’est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui.

A l’inverse de Keynes, l’orthodoxie économique estime qu’à la suite d’un choc important, les économies reviendront « naturellement » à leur rythme de croissance précédent, à condition bien sûr, que les gouvernements équilibrent leurs budgets et cessent de voler les ressources du secteur privé. La théorie de ce mode de pensée a été exposée dans le Bulletin de la Banque Centrale Européenne du mois de juillet.