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Ecologie en eaux troubles

NAIROBI – Si vous étiez un triton tacheté de Kaiser, autrement dit une salamandre d’Iran, l’avenir vous sourirait. Les Etats réunis à Doha, pour la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), viennent de voter une loi interdisant le commerce des Kaisers iraniens, assortie d’une protection renforcée pour une foule de créatures terrestres.

Mais si vous aviez la malchance de faire partie des thons rouges peuplant l’Atlantique de l’Ouest, votre humeur serait des plus pessimistes. De même pour plusieurs espèces de requins, dont le requin océanique à aileron blanc, le requin marteau halicorne, et le requin taupe géant. En dépit de solides démonstrations scientifiques, établissant que ces trois populations connaissent une diminution drastique, toutes les propositions tendant à renforcer le contrôle commercial sur ces espèces marines – avec plus de 30 espèces de coraux – ont échoué à préserver l’indispensable majorité des deux tiers.

Pour ce qui concerne les thons rouges, plusieurs pays ont prétendu que l’organisation responsable existante – la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) – était toute désignée pour s’en occuper. Ceux qui proposaient un règlement plus rigoureux n’en étaient pas convaincus – et à juste titre.

La population de ces poissons très estimés a décru de 80% depuis que la pêche s’est industrialisée, et ce sous la surveillance de l’ICCAT. Pour ce qui est des requins et des raies, une enquête récente montre que près d’un tiers des 64 espèces maritimes est en voie d’extinction.