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Les conséquences politiques des crises financières

LONDRES – Je ne crois pas être le seul professeur de finances qui, en choisissant des sujets de composition de ses étudiants, ait eu recours à la question suivante : « À votre avis, la crise financière mondiale a-t-elle été provoquée principalement par trop ou par trop peu d'intervention du gouvernement sur les marchés financiers ? » Confrontés à cette question ou/ou, les étudiants de mon dernier cours se sont répartis en trois groupes.

À peu près un tiers, hypnotisé par l'hypothèse clinquante des marchés financiers efficients, a soutenu que la faute incombait aux gouvernements. Leurs interventions mal conçues (notamment celles des gestionnaires de prêts hypothécaires garantis par les États-Unis, Fannie Mae et Freddie Mac, ainsi que le Community Reinvestment Act (CRA) ou « Loi de financement communautaire », ont déformé les incitations du marché. Certains ont même adopté l'argument du libertaire américain Ron Paul, en tenant pour responsable l'existence même de la Réserve fédérale en tant que prêteur en dernier recours.

Un autre tiers, d'une tendance politique diamétralement opposée, a considéré l'ancien Président de la Fed Alan Greenspan comme le méchant de cette histoire. C'est l'hésitation notoire de Greenspan à intervenir sur les marchés financiers qui a créé le problème, même lorsque l'effet de levier se développait nettement et que les prix des actifs semblaient avoir perdu le contact avec la réalité. Plus largement, les gouvernements occidentaux, avec leur approche de la réglementation par petites touches, ont permis aux marchés de fonctionne hors de tout contrôle durant les premières années de ce siècle.

Le tiers restant a essayé de ménager la chèvre et le chou, en soutenant que les gouvernements sont trop intervenus dans certains secteurs et trop peu dans d'autres. Éviter la question telle qu'elle était posée n'est pas une stratégie solide en termes de réussite à un examen. Mais ces étudiants ont peut-être découvert une piste intéressante.