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Mexique : La mauvaise guerre contre la drogue de Felipe Calderon

MEXICO – Le président mexicain Felipe Calderon a finalement obtenu ce qu'il voulait : la démission de Carlos Pascual, l'ambassadeur des USA. Réagissant à la diffusion par Wikileaks des câbles diplomatiques de ce dernier, Calderon s'en est pris au messager. Les appréciations sans concession de Pascual sur la "guerre contre la drogue" qu'il a lancée il y a 4 ans l'ont contrarié au plus haut point.

Ces révélations ont aussi déplu à l'armée mexicaine, car elles indiquaient que l'armée ne tenait guère compte des informations communiquées par les USA et répugnait à prendre des risques. Elles décrivaient également avec franchise le fonctionnement des institutions - les diverses agences de sécurité mexicaines passant davantage de temps à se combattre les unes les autres qu'à lutter contre le crime organisé.

Pascual a été contraint de démissionner pour avoir montré une réalité que Calderon ne veut pas voir en face et que son gouvernement préfère ignorer. Autrement dit il a perdu son travail pour l'avoir trop bien fait.

Mais les faits sont têtus, la réalité décrite par le diplomate américain apparaît de plus en plus au grand jour. Malgré l'arrestation de barons de la drogue, du nombre d'armes découvertes ou du montant de cocaïne saisi, le Mexique ne parvient pas à remporter la "guerre" contre la drogue et le crime organisé. La démission forcée de Pascual ne peut masquer les 34 000 morts, le nombre croissant de Mexicains victimes de la drogue, l'augmentation du nombre de kidnappings et d'exécutions et l'impunité quasi généralisée.