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Peurs sur les marchés mondiaux

CAMBRIDGE – L'extraordinaire volatilité des marchés au cours de l'année dernière tient en grande partie aux risques et aux incertitudes liées en particulier à la croissance chinoise, à la situation des banques européennes et à l'abondance de l'offre pétrolière. Durant les deux premiers mois de cette année, beaucoup d'investisseurs craignaient que même les USA, dont la situation n'est pas si mauvaise en termes de croissance, ne tombent dans la récession. Et 21% des experts qui participent à l'enquête d'opinion mensuelle du Wall Street Journal s'attendent à une récession.

Je ne nie pas les risques. Un coup suffisamment fort porté à la croissance chinoise ou au système financier européen pourrait faire basculer l'économie mondiale d'une croissance faible vers la récession. Une hypothèse encore plus effrayante serait de voir l'année prochaine à la même époque la présidence américaine transformée en une émission de téléréalité.

Du point de vue macroéconomique, les fondamentaux ne sont pas si mauvais. Le taux d'emploi est élevé, la confiance des consommateurs est forte et la part du secteur pétrolier dans le PIB n'est pas suffisante pour mettre l'économie américaine à genoux du fait de la baisse des prix. En réalité on tient insuffisamment compte de la peur d'une autre grande crise dans le comportement  actuel des marchés.

On peut faire un parallèle entre le sentiment de malaise d'aujourd'hui et l'attitude des marchés dans la décennie qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale. Dans les deux cas on note une demande excessive pour des actifs sans risque. Certes la "répression financière" a aussi joué un grand rôle après la guerre, les Etats contraignant les investisseurs privés à acheter des titres de dette publique à des taux inférieurs à ceux du marché.