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La promesse de Renzi

BERLIN – En voyant les fans italiens de football le mois dernier, on aurait pu penser qu'une victoire de ce pays à la Coupe du Monde aurait été le fait le plus important de l'année. Mais c'est le résultat du gouvernement à la présidence tournante de l'Union européenne qui importe le plus, pas la performance de la Squadra Azzurra dans le tournoi de football. En effet, les six mois de l'Italie à la tête de l'UE qui ont débuté cette semaine vont constituer une occasion unique pour ce pays de remodeler ses propres fondamentaux sclérosés et d'initier un véritable changement en Europe.

Cette perspective certes inhabituelle peut être mise au crédit du nouveau Premier ministre de l'Italie, Matteo Renzi. En un peu plus de 100 jours au pouvoir, l'ancien maire de Florence âgé de 39 ans a captivé les citoyens de son pays. Il a annoncé une série d'initiatives ambitieuses (une par mois, comme promis dans son premier discours) dont certaines réformes constitutionnelles radicales, une réforme du marché du travail et une refonte des services publics du pays, connus pour leur inefficacité.

Renzi a également offert aux citoyens assiégés par les mesures d'austérité des palliatifs à court terme, comme une réduction d'impôts qui accorde un supplément de 80 € aux plus bas salaires italiens. Ajoutez à cela un talent rhétorique extraordinaire et un serment (largement tenu) de « passer la classe politique au bulldozer » et il n'est pas étonnant que lors des récentes élections au Parlement européen, le Parti démocratique ait obtenu le score remarquable de 40,8% du vote populaire, au-dessus de tout autre parti national.

Les Italiens, qui ont longtemps été frustrés par une mauvaise gouvernance et un système clientéliste, sont enclins à acclamer les figures charismatiques comme des sauveurs nationaux. C'est ce qui explique l'attrait populaire suscité par l'ancien Premier ministre Silvio Berlusconi et par Beppe Grillo, l'humoriste co-fondateur du parti populiste Mouvement Cinq étoiles. En fait, les critiques n'ont pas tardé à mettre en évidence les nuances populistes des proclamations de Renzi. Eugenio Scalfari, fondateur de La Repubblica, a soutenu que le Premier ministre met simplement en œuvre un programme conçu par ses prédécesseurs et commandé par l'UE.