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Une nouvelle chance pour la politique européenne

MADRID – La plupart des dirigeants politiques de l’Europe souhaitent voir l’Union européenne sortir plus forte et plus unie de la crise qui la frappe actuellement. Or, le fait est que les politiques économiques mises en place dans la majorité des États de l’UE depuis le début de la crise ont fait apparaître une menace sans précédent pour cette intégration – une menace pesant bel et bien sur ce qui a déjà été accompli.

Après cinq années de crise financière et économique, la politique anti-européenne retentit sur le front de nombreux États de l’UE – France, Royaume-Uni, Italie, Autriche, Pays-Bas, Finlande, Grèce, Portugal et même Allemagne. La désaffection croissante à l’égard des institutions est devenue une réalité corrosive presque partout en Europe. La seule manière de surmonter la crise existentielle de l’Europe, et de répondre au besoin de changement ressenti par les citoyens, consiste à s’adresser de front aux opposants intérieurs de l’Europe : une politique sans palliatif.

L’Europe a par-dessus tout besoin de rompre le cercle vicieux de la récession, du chômage et de l’austérité auquel elle est aujourd’hui en proie. Ceci exige tout d’abord de reconcentrer les politiques économiques sur la croissance, l’emploi et l’innovation institutionnelle. Nul ne saurait faire progresser l’union politique tout en semblant abandonner les citoyens européens sur le bord du chemin ; un sentiment né du caractère implacable de l’austérité. Pour de trop nombreux Européens, les sacrifices ne suffisent pas à poser les fondations d’une Europe meilleure et plus prospère, mais ne font que les entraîner dans un tourbillon fatal.

Les dirigeants européens ne doivent pas rester passifs face au dangereux tsunami populiste qui traverse aujourd’hui le continent, et ils en sont conscients. Il est encore temps de réagir – en faisant preuve d’un leadership fort tout en faisant prévaloir la croissance sur les politiques à court terme – mais ce temps est limité, et l’horloge tourne.