25

Une nouvelle approche de la dette souveraine de la zone euro

ATHÈNES - La dette publique de la Grèce a été remise à l'ordre du jour de l'Europe. Cela est en effet peut-être la principale réussite du gouvernement grec durant son bras de fer de cinq mois face à ses créanciers. Après des années « à faire semblant », presque tout le monde s'accorde à dire à présent que la restructuration de dette est essentielle. Fait plus important encore, cela n'est pas seulement vrai pour la Grèce.

En février, j'ai présenté à l'Eurogroupe (qui réunit les ministres des Finances des États membres de la zone euro), un menu d'options comprenant les obligations indexées sur le PIB, que Charles Goodhart a récemment approuvé dans le Financial Times, des obligations perpétuelles pour régler la dette héritée des bilans de la Banque centrale européenne et ainsi de suite. Il est à espérer que le terrain soit à présent mieux préparé pour que de telles propositions puissent prendre forme, avant que la Grèce ne s'enfonce davantage dans les sables mouvants de l'insolvabilité.

Mais la question plus intéressante est la signification de tout cela pour la zone euro dans son ensemble. Les appels prémonitoires de Joseph Stiglitz, Jeffrey Sachs et bien d'autres à une approche différente de la dette souveraine en général doivent être modifiés pour s'adapter aux caractéristiques particulières de la crise de la zone euro.

La zone euro est unique parmi les zones monétaires : sa banque centrale manque d'un État pour soutenir ses décisions, alors que ses États membres manquent d'une banque centrale pour les soutenir dans des périodes difficiles. Les dirigeants européens ont tenté de combler cette lacune institutionnelle par des réglementations complexes et non crédibles, qui ont souvent échoué à créer du lien entre eux et qui malgré cet échec finissent par étouffer les États membres dans le besoin.