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Une année d’indécision en Europe

NEW YORK – La situation économique désastreuse dans laquelle la plupart des pays riches se sont trouvés en 2011 n’a pas seulement été le résultat de forces économiques impersonnelles, mais tout autant le fruit des politiques menées ou non par les dirigeants de la planète. En effet, la remarquable unanimité observée pendant la première phase de la crise économique apparue en 2008, et dont la mise en place du plan de sauvetage de 1 000 milliards de dollars lors de Sommet du G-20 de Londres en 2009 a constitué l’apogée, s’est rapidement dispersée.

Désormais, querelles bureaucratiques et idées fausses dominent.

Plus grave encore, les désaccords politiques se jouent plus ou moins le long des frontières nationales. Le centre du conservatisme fiscal se situe en Allemagne, tandis que les pays anglo-saxons sont toujours adeptes de la pensée de John Maynard Keynes. Cette dissonance complique énormément les choses, tant il est vrai qu’une coopération internationale étroite est indispensable à la correction des déséquilibres mondiaux à l’origine de la crise.

Les doutes relatifs à la dette souveraine européenne se sont tournés vers l’euro dans une mesure telle que certains observateurs posent désormais la question de la survie même de la monnaie unique. L’euro souffrait pourtant d’incomplétude dès son origine. Le traité de Maastricht  instaurait une union monétaire, mais sans union politique –  une banque centrale commune, mais sans trésor commun. Ses architectes avaient conscience de ces premières lacunes, mais bien d’autres défauts de conception se sont révélés seulement après le crash de 2008.