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Le leadership européen : aucun dessein

LONDRES – Le choix de Herman van Rompuy comme président du Conseil des ministres de l’Union européenne et de Lady Catherine Ashton à la tête des affaires étrangères montre bien à quel point les états membres commandent l'Union européenne. Ils dirigent ses institutions dans leur propre intérêt. L’UE n’est pas un super-état qui s’avance courageusement vers une nouvelle ère.

Le président français Nicolas Sarkozy n’aura pas besoin de rivaliser avec les tout-puissants de Bruxelles pour rester sous le feu des projecteurs. Plus obligée de prouver son esprit démocratique d’après-guerre en embrassant la cause européenne à tout bout de champ, l’Allemagne ne sera pas appelée à rompre son introversion croissante. Que l’Angleterre se rassure quant à son rôle sur la scène internationale, elle restera le serviteur ambitieux de la Maison Blanche.

Au mieux, la nomination des deux nouveaux leaders discrets résultera en une meilleure gestion plus cohérente des affaires de l’UE. Van Rompuy bénéficiera de plus de marge de manœuvre que celle offerte par la présidence nationale de six mois. Quand à Lady Ashton, elle pourra combiner la politique et les ressources dans le cadre des affaires étrangères européennes.

Quoi qu’en dise le Traité de Lisbonne, il n’est pas encore clair si Ashton aura le contrôle complet du budget externe de l'UE ou s’occupera du nouveau service diplomatique. Sa position est délicate et Ashton peut s’attendre à être souvent bousculée par le président de la commission européenne José Manuel Barroso, le grand gagnant de la conception de ces nouveaux postes. Or, les ministres des affaires étrangères deviendront de plus en plus soucieux s’ils pensent que la commission s'arroge leur domaine.