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Le déficit de confiance de l’Europe

BERKELEY – Nombreux sont les débats qui traitent aujourd’hui des déficits de l’Europe et de la nécessité d’y remédier. Les critiques pointent du doigt les déficits budgétaires colossaux des États. Sont cités les déficits externes chroniques des pays du sud de l’Europe. Mention est faite des déficits institutionnels de la zone euro – une monnaie unique et une banque centrale, mais rien sur les autres éléments d’une union monétaire au fonctionnement efficace.  

Bien évidemment, dans tous ces domaines, les critiques sont fondées. Pourtant, s’il est un déficit qui importe réellement, celui-ci est tout autre. Le déficit qui empêche l’Europe de tirer un trait sur la crise qui la frappe n’est autre qu’un déficit de confiance.

Il existe tout d’abord un manque de confiance entre les chefs d’État et l’opinion publique. Nous l’avons clairement observé en la personne de l’ancien Premier ministre Silvio Berlusconi, qui a fort heureusement été expulsé hors de la scène politique. Mais même les dirigeants européens les plus intègres ont perdu la confiance de leur peuple, en affirmant telle chose un jour et son opposé le lendemain.

Fin février, par exemple, la chancelière allemande Angela Merkel a fait le spectacle, en affirmant avec insistance qu’aucun rempart financier plus solide n’était nécessaire pour préserver les pays de la zone euro du défaut chaotique de la Grèce. Pas le moindre euro supplémentaire de la part du contribuable allemand, a-t-elle promis, ne sera sollicité à cet effet. Pourtant, tout le monde savait qu’une fois que le Bundestag aurait voté le dernier plan de sauvetage de la Grèce, et une fois suffisamment de temps écoulé pour accepter la réalité avec élégance, Merkel renverserait la tendance et ferait finalement valoir la nécessité d’un plus grand rempart pour la zone euro.