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L'Iran et l'irréalisme européen

Dans la crise provoquée par la capture en toute illégalité de 15 marins britanniques, l'attitude indécise et contradictoire de l’Union européenne a aggravé la situation. Face à un pays dont le dirigeant semble vouloir acquérir l'arme nucléaire, craignant d'étendre à la région la violence qui sévit en Irak, les Européens sont hésitants.

Cette affaire, la toute dernière, montre une fois de plus que l'on ne peut faire confiance au président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Après leur embuscade maritime, les autorités iraniennes n'ont pas indiqué le lieu précis du kidnapping, alors que les autorités britanniques ont démontré que leur bâtiment se trouvait dans les eaux territoriales irakiennes, ceci dans le cadre des résolutions de l'ONU et avec l'autorisation explicite du gouvernement irakien.

Ahmedinejad veut avoir une monnaie d'échange pour obtenir la libération de six Iraniens qui aidaient les insurgés en Irak avant qu'ils ne soient capturés par les Américains. La réticence des Européens à adopter le langage de fermeté des Américains ne fait que l'enhardir. Il constate la division de la communauté internationale et comme son homologue nord-coréen Kim Jong-il, lui aussi un paria, il ne manque pas une occasion d'en profiter.

La combinaison inédite et dangereuse d'un Iran nucléarisé qui pousse les chiites des Etats du Golfe à la révolte contre leurs maîtres sunnites et du mysticisme millénariste d'Ahmedinejad représente une menace existentielle pour Israël, pays qu'il a menacé de "rayer de la carte". Il menace également de déclencher une course à l'armement nucléaire au Moyen-Orient. Si l'Iran parvient à acquérir des missiles balistiques de longue portée, la menace sur la sécurité deviendra globale.