La vulnérabilité financière de l’Europe

VIENNE – Les innovations les plus notables des deux dernières décennies ont été financières. Tout comme l’innovation technique, l’innovation financière se donne pour objectif la recherche permanente d’une plus grande efficacité – dans ce cas, la réduction des coûts du transfert de fonds entre épargnants et investisseurs. Les réductions de coûts qui représentent un bénéfice net pour la société devraient être considérées sous un angle favorable. Mais comme le démontre la crise financière actuelle, là où l’innovation financière est conçue pour circonvenir la réglementation ou la taxation, il nous faut faire preuve de plus de prudence.

Malheureusement, la révolution financière a plutôt été caractérisée par la recherche du profit que par l’amélioration du bien-être. Elle s’est fondée sur l’élimination, ou au moins la réduction, de deux éléments clés des coûts bancaires intimement liés à des arrangements prudentiels.

L’un d’entre eux est la nécessité, pour les banques et d’autres institutions financières, de détenir des réserves de liquidités. Moins les actifs d’une banque sont liquides, plus de telles réserves sont nécessaires. Mais leur rentabilité étant réduite, il est profitable d’en faire l’économie. La débâcle de Northern Rock, l’année dernière au Royaume-Uni, restera longtemps un exemple de ce qu’il ne faut pas faire dans la gestion de tels risques.

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