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La construction de l'union bancaire européenne en manque de démocratie !

PARIS – Voici l'Union européenne fière titulaire du prix Nobel de la paix. Quand il y a trois ans le choix s'est porté sur Barak Obama, le comité norvégien du prix Nobel a été critiqué pour honorer quelqu'un dont l'accomplissement était encore à venir. Le comité a pris en compte cette objection et il a décerné cette fois-ci le prix à une institution au passé imposant, mais dont l'avenir est obscurci par de lourds nuages.

Il ne faut pas confondre la zone euro avec l'UE, mais elle en constitue la réalisation la plus ambitieuse à ce jour, alors qu'elle en encore à se débattre pour créer les structures voulues pour pérenniser une union monétaire. Une politique budgétaire commune reste un rêve lointain, et il en est de même d'une véritable union politique.

Les dirigeants européens proclament qu'ils avancent sur la voie d'une "union bancaire", mais ils entendent par là une supervision bancaire collective et non une fusion des banques elles-mêmes. En septembre, la Commission européenne a annoncé un plan destiné à faire de la Banque centrale européenne (BCE), l'organe de supervision des 6000 banques européennes.

La réaction de la classe politique, des banques centrales et des banques elles-mêmes n'a pas toujours été favorable. Les Allemands veulent que la BCE s'occupe seulement des grandes banques d'importance systémique et laisse aux autorités nationales la supervision des caisses d'épargne (comme celles qui ont beaucoup investi dans les prêts immobiliers à risque) ; la Suède et le Royaume-Uni et ne veulent pas être assujettis à une banque centrale dont ils ne sont pas membre à part entière.