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La police de la conscience de l'Europe

L'histoire en automne dernier du rejet de ma nomination à la Commission européenne est tristement célèbre. Nominé à la Commission par le gouvernement italien, j'ai été contraint de me retirer en raison de certaines remarques soi-disant homophobes que je suis censé avoir proférées devant la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen. Maintenant que les choses se sont calmées et qu'une nouvelle Commission est en place, il est temps de se demander quelles sont les leçons à tirer de cette histoire.

La première d'entre elles concerne l'indispensabilité, en politique, d'avoir des informations et des rapports précis. La démocratie fonctionne uniquement si les questions débattues sont rapportées de manière équitable. Bien entendu, chacun est libre de commenter et d'évaluer les événements comme il le souhaite. Mais un niveau élevé de respect de la vérité doit imprégner les médias, sinon les débats deviennent trop déformés pour que les citoyens puissent évaluer correctement leur signification. Les journalistes n'ont pas le droit de déformer autant les faits au point de les réinventer.

Dans mon cas, la principale charge qui pesait contre moi a été inventée : je n'ai fait aucune déclaration homophobe. Pas plus que je n'ai introduit la question de l'homosexualité dans le débat sur ma nomination. Mes opposants s'en sont chargés. Je n'ai pas introduit le terme « péché », qui a une charge émotionnelle, pas plus que je ne l'ai lié à l'homosexualité dans le débat. Une fois de plus, mes adversaires s'en sont chargés.

Voici plutôt la teneur de mon discours : je pourrais, en tant que catholique pratiquant qui souscrit aux enseignements de l'Eglise, penser que l'homosexualité est un péché. Cette croyance ne pourrait pas être interprétée comme ayant une influence sur mes décisions, excepté si je déclarais et croyais que l'homosexualité était également un crime. Mais je n'ai rien dit de tel.