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Illusoire indépendance de la BCE

ATHENES – La garantie de l'indépendance des banques centrales est un élément crucial du credo que l'on attend des dirigeants politiques "sérieux" (on peut y ajouter l'appel aux privatisations, à la flexibilité du marché du travail, etc.). Mais les banques centrales doivent être indépendantes de quoi ? La réponse paraît évidente : indépendantes des Etats.

En ce sens, la Banque centrale européenne (BCE) en est la quintessence : aucun Etat en particulier n'est derrière elle, pourtant c'est la moins indépendante de toutes les banques centrales du monde développé.

La principale difficulté tient à la clause dite de "non-intervention" - l'interdiction d'aider les pays membre insolvables. Les banques commerciales étant la source essentielle de leur financement, la BCE doit refuser toute liquidité aux banques des pays membres insolvables. Elle n'a donc pas le droit d'intervenir à titre de prêteur de dernier recours.

Le talon d'Achille de ce systéme est le manque de procédure établie en cas d'insolvabilité d'un pays membre de la zone euro. Ainsi lorsque la Grèce est devenue insolvable en 2010, les gouvernements français et allemand lui ont interdit de faire défaut sur les dettes détenues par les banques françaises et allemandes. Le premier plan de sauvetage de la Grèce a servi à rembourser ces banques, ce qui a aggravé encore l'insolvabilité de la Grèce.