1

L'Europe n'est pas semblable aux États-Unis

CAMBRIDGE – L'Europe est maintenant aux prises avec les inévitables conséquences indésirables dues à l’imposition d’une monnaie unique à une collection très hétérogène de pays. Mais la crise budgétaire en Grèce et le risque d'insolvabilité en Italie et en Espagne ne sont qu'une partie du problème causé par la monnaie unique. La fragilité des grandes banques européennes, le taux de chômage élevé et le déséquilibre commercial intra-européen (l’excédent de compte courant de l'Allemagne de 200 milliards de dollars, contre le déficit combiné de compte courant de 300 milliards de dollars dans le reste de la zone euro) résultent également de l'utilisation de l'euro.

Les responsables politiques européens qui ont insisté pour introduire l'euro en 1999 ont ignoré les avertissements des économistes qui avaient prédit qu'une monnaie unique pour toute l'Europe pourrait créer de graves problèmes. Les défenseurs de l'euro ont mis l'accent sur l'objectif d'intégration politique européenne et ont envisagé la monnaie unique dans le cadre du processus de création d'un sentiment de communauté politique en Europe. Ils ont rallié le soutien populaire avec le slogan « Un marché, une monnaie », en faisant valoir que la zone de libre-échange créée par l'Union européenne ne pourrait réussir qu'avec une monnaie unique.

Ni l’histoire, ni la logique économique n’ont confirmé ce point de vue. En effet, le marché européen fonctionne bien, en dépit du fait que seulement 17 parmi les 27 membres de l'Union utilisent l'euro.

Mais l'argument clé fourni par les responsables européens et les autres défenseurs de l'euro a été que, parce qu'une monnaie unique fonctionne bien aux États-Unis, elle devrait fonctionner aussi bien en Europe. Après tout, les deux ont des économies vastes, continentales et diversifiées. Mais cet argument ne tient pas compte de trois différences importantes entre les États-Unis et l'Europe.