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Eurodämmerung

MUNICH – Pour comprendre la crise de l’euro, il faut bien entendu connaître quelques notions d’économie. Mais il est également nécessaire d’appréhender les orientations culturelles profondes des sociétés européennes.

En ce pleine période estivale, il peut être instructif de jeter un œil sur les loisirs de l’Europe. Lorsque les Européens se divertissent et se détendent, il se dégage auprès d’eux un certain nombre d’indices très révélateurs de leurs difficultés économiques et financières. Il ne s’agit pas seulement d’examiner ce qu’ils font. La manière dont ils le font – et, par-dessus tout, les acteurs concernés – contribue à mettre en lumière la nature profonde des difficultés de l’Europe.

En juin, le championnat d’Europe de football 2012 a présenté une nette analogie avec les tourments entourant la monnaie unique européenne. On a souvent entendu que les équipes perdantes étaient « sorties de l’euro. » Les Grecs ont eu la fierté voir leur pays survivre à la poule éliminatoire, pour atteindre les quarts de finale.

La demi-finale entre l’Italie et l’Allemagne a comme présagé de la volonté apparente de la chancelière Angela Merkel de céder aux exigences italiennes de soutien au marché des obligations étatiques. Le Premier ministre italien Mario Monti a rapidement été surnommé « super Mario », tandis qu’un photomontage visible dans la presse le présentait coiffé d’une crête iroquoise à la Mario Balotelli, auteur de deux buts pour l’Italie.