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L'économie en panne de l’Égypte

WASHINGTON, DC - Les aspirations politiques des Égyptiens ont dominé la vie publique du pays depuis la chute du Président Hosni Moubarak l'année dernière. Malheureusement, au moment de faire face à ces aspirations, l'économie connaît une baisse brutale, qui compromet un des buts principaux de la révolution, à savoir l'amélioration du niveau de vie et du bien-être des Égyptiens.

En effet, la rhétorique populiste des politiciens égyptiens menace de défaire les réformes économiques entreprises par le régime de Moubarak. En 2004, un important programme de réformes a été lancé sous l'ancien Premier Ministre Ahmed Nazif. Il visait à supprimer certaines contraintes bureaucratiques à la croissance par une restructuration du secteur financier, une amélioration de la réglementation des activités commerciales, une libéralisation du commerce extérieur et une réduction du rôle du gouvernement dans l'économie.

Les réformes de 2004, avec leur élimination des restrictions à l'accès des devises étrangères et à la réduction des taxes à l'importation, ont graduellement amélioré le climat des affaires et de l'investissement. Couplé à des conditions internationales favorables, le taux de croissance annuel du PIB de l’Égypte a atteint 7,2% en 2008 contre 4,1% en 2004, et s'est stabilisé à 5% de 2009-2010 malgré la récession mondiale. Les nouvelles mesures ont également aidé à attirer de grands apports de capitaux et des investissements directs étrangers, servant de pilier financier à une augmentation spectaculaire des réserves de devises étrangères de 14,8 milliards de dollars en 2004 à plus de 36 milliards de dollars fin 2010.

En 2011, la situation a empiré sur pratiquement tous les fronts. La croissance annuelle a chuté à environ 0,5% et l'inflation est restée à deux chiffres. Le taux de chômage a atteint 12,4% au quatrième trimestre, contre 8,9% à la même période de 2010. Le solde des paiements courants s'est rapidement dégradé, à cause de la perte de plus de 4 milliards de dollars en revenus du tourisme et d'une chute brusque des envois de fonds par les travailleurs égyptiens à l'étranger. Le déficit fiscal s'est étendu à 10% du PIB, entraînant une dette du gouvernement (dette externe comprise) en chute constante, représentant 76% du PIB.