Question éthique autour du drame Ebola

LONDRES – À l’heure où le virus Ebola se propage en Afrique dans une mesure sans précédent, nombre d’observateurs se demandent s’il ne serait pas temps de commencer à administrer des médicaments et vaccins non testés. Le virus emportant avec lui pas moins de 90% des malades – soit un taux de mortalité supérieur à celui de la peste bubonique – il semble que nous ayons peu à perdre à assouplir les normes cliniques. Cette suggestion soulève néanmoins plusieurs épineuses questions éthiques – alors même que l’urgence de la situation ne laisse que peu de temps aux délibérations.  

L’une des raisons pour lesquelles il n’existe aucun traitement ou vaccin contre la fièvre hémorragique Ebola réside dans le caractère hybride des maladies. Les virus de ce type sont transmis par des espèces animales, lesquelles sont susceptibles de faire office de réservoir permettant aux pathogènes de se développer et de muter, compliquant pour les chercheurs la tâche consistant à suivre le rythme des variations de ces maladies.

Une autre explication réside toutefois en ce que les sociétés pharmaceutiques ont de moins en moins intérêt à concevoir des vaccins. Seules quatre de ces sociétés fabriquent en effet aujourd’hui des vaccins, contre 26 il y a 50 ans. Ces entreprises ont conscience que le rendement de leur investissement se révélera relativement maigre compte tenue d’importants délais d’introduction, eux-mêmes liés à la lenteur des processus de fabrication (bien que de nouvelles méthodes plus rapides offrent un certain espoir).

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