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Le Donald Trump de la Corée du Nord

DENVER – De l’avis général, le très attendu VIIe Congrès du parti des Travailleurs de Corée du Nord fut un non-événement. Si cette réunion de la plus haute institution du pays, la première depuis trente-cinq ans, a eu quelque effet, ce fut d’anéantir les espoirs de voir l’irascible Kim Jong-un manifester un peu d’intérêt pour une réforme économique.

Le temps passé par le leader coréen à éviter d’aborder la question du chaos économique fut en revanche abondamment utilisé pour souligner à quel point le pays était fier de son programme nucléaire. Malgré les promesses faites en un autre temps d’abandonner le développement d’armes nucléaires, le gouvernement coréen a relancé les recherches dans le désir évident d’annoncer au monde de nouveaux progrès technologiques décisifs.

Depuis la chute du mur de Berlin, en 1989, la plupart des pays sont montés dans le train de l’économie de marché. Mais la Corée du Nord s’est cramponnée à son isolement. Son régime, construit sur une dévotion quasi-religieuse à son chef, encourage une vision du monde ultranationaliste, où toute coopération avec un pays tiers – sans parler de la communauté internationale – apparaît comme une menace à sa souveraineté. Et comme l’a clairement montré le dernier congrès du parti, cela n’est pas près de changer.

Aujourd’hui pourtant, la Corée du Nord fait de moins en moins figure d’exception et apparaît de plus en plus comme le précurseur d’une tendance générale au nationalisme, à l’autarcie et à l’autoritarisme. L’évolution du monde, décrite à cet égard par les travaux d’organisations non gouvernementales comme Freedom House, montre une poussée des régimes autoritaires telle qu’on n’en avait pas vue depuis la première moitié du XXe siècle.