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Les Enjeux de la politique étrangère de Donald Trump

CAMBRIDGE – Lors de sa campagne, le président élu, Donald Trump, a remis en cause les alliances et les institutions sur lesquelles repose l’ordre libéral mondial, mais n’a guère détaillé la politique qu’il entendait mener. Et l’on peut se demander, après sa victoire, si la longue phase de mondialisation entamée à la fin de la Seconde Guerre mondiale ne vient pas là, pour l’essentiel, de s’achever.

Cela n’est pas certain. Même si des accords commerciaux comme le Partenariat transpacifique et le PTCI (TTIP) sont dénoncés, pour le premier, ou n’aboutissent pas, pour le second, même si la mondialisation ralentit, l’évolution technologique se chargera de l’entraîner, que ce soit sur le plan écologique, politique ou social, ou sous la forme du changement climatique, du terrorisme transnational et des migrations – que Trump le veuille ou non.

Nous autres Américains avons souvent du mal à nous situer dans le monde. Nous oscillons entre triomphalisme et déclinisme. Après que les Soviétiques lancèrent Spoutnik, nous nous crûmes en déclin. Dans les années 1980, nous pensions que les Japonais nous surpassaient. Au lendemain de la crise financière mondiale de 2008, nombre d’Américains se sont persuadés, à tort, que la Chine était devenue plus puissante que les États-Unis.

Malgré la rhétorique de la campagne Trump, les États-Unis ne sont pas un pays en déclin. Grâce à l’immigration, ils sont le seul grand pays développé qui ne souffrira pas du fléchissement démographique au milieu du siècle ; leur dépendance aux importations énergétiques tend à diminuer ; ils sont à l’avant-garde des progrès technologiques (biotechnologies, nanotechnologies, technologies de l’information…) qui façonneront le siècle ; et leurs universités dominent les classements mondiaux.