Le cauchemar des inégalités

ABU DHABI – On se souvient de cette fameuse phrase prononcée par l’économiste nigérian Sam Aluko en 1999 : « Les pauvres ne trouvent pas le sommeil parce qu’ils ont faim, et les riches ne peuvent pas dormir, parce que les pauvres ne dorment pas et qu’ils ont faim. » Nous sommes tous affectés par les profondes disparités de revenus et de richesses, parce que les systèmes politique et économique dont dépend notre prospérité ne peuvent continuer à enrichir certains tandis qu’ils appauvrissent les autres.

En périodes difficiles, les pauvres perdent foi en leurs dirigeants et le système économique ; et en périodes prospères, trop peu profitent des bénéfices. Le coefficient Gini, l’indice de mesure des inégalités économiques, est en hausse depuis des années tant dans les pays en développement que dans les pays développés, y compris aux Etats-Unis. En Europe, les inégalités se sont creusées avec la hausse rapide du chômage, surtout chez les jeunes. Certains ont réagi par des émeutes ; d’autres ont rejoint les partis politiques xénophobes de l’extrême droite ; et tant d’autres encore bouillonnent en silence, nourrissant une amertume toujours plus forte envers les hommes politiques et le système qu’ils représentent.

Le problème est d’autant plus fragrant dans les mégapoles, qui représentent environ 80% du PIB global. Y compris dans les villes les plus développées. Par exemple, si vous prenez le métro londonien entre le cœur du gouvernement à Westminster et Canning Town, à environ 10 kilomètres, soit 14 stations, l’espérance de vie des habitants chute de six mois à chaque arrêt successif.

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