0

Conscience internationale ?

Please note that there may be discrepancies between this, the original French text, and the English text, which has been edited. If you would like to make any changes to the original article, let us know and we will pass your proposed edits along to the author for approval.

PARIS – Je ne sais pas à quelle époque l'expression «communauté internationale » est entrée dans le langage courant. Il est des commentateurs pour qui cette expression est vide de sens. Pour le plus pragmatiques elle désigne l'ensemble des nations dans les cas ou dans les situations où elle décident de faire quelque chose ensemble. A l'évidence, elle concerne alors les nations les plus influentes, celles qui participent au débat ou à la décision en cours, ce qui laisse intact le droit de toute nation à l'identité et à la souveraineté reconnues à y jouer un rôle et y prendre sa place si elle le souhaite et si elle le peut.

Depuis des temps immémoriaux, les nations souveraines se sont habituées à réguler leurs relations entre elles par des accords juridiques appelés traités. Renonciations à la guerre, délimitations territoriales, privilèges diplomatiques, licéité plus ou moins limitée du commerce, statut de ses actions, furent les premiers objets de cette énorme accumulation de traités qui constituent le droit international. C'est un droit très particulier puisque c'est un droit sans sanctions.

Il est pourtant souvent porteur de concepts rigoureux et de précision extrême, et sa quasi unique sanction, la réprobation universelle pour cause de viol, n'est indifférente à personne.