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Les insurgés ne sont pas invincibles

Le chaos et la violence en Irak ont corroboré le concept selon lequel les insurrections ne peuvent être vaincues, et qu'il faut donc les contenir. L'expérience de la Colombie montre que ce n'est pas le cas. L'association de la force militaire, d'encouragements politiques et d'une croissance économique profitant au plus grand nombre peut contribuer à mater une insurrection.

Malgré une tradition démocratique qui remonte à 1830, la Colombie endure depuis 40 ans une insurrection sanglante menée par les narco-terroristes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), et par l'Armée de libération nationale (ELN). Au cours des huit dernières années, elles ont kidnappé plus de 6 000 otages, dont 140 étrangers. Ces innocents sont souvent détenus dans des conditions scandaleusement inhumaines, sans accès à des soins médicaux.

Cette insurrection criminelle se nourrit non d'un soutien populaire, mais du butin du trafic de la cocaïne. Pourtant, même si certaines zones rurales sont sous l'influence de la guérilla, et malgré les richesses que le trafic de drogue leur ont apportées, les FARC et l'ELP se sont montrées trop faibles et impopulaires pour menacer sérieusement le gouvernement colombien. Elles ne font pas la révolution, elles pratiquent un type de nihilisme cocaïnomane.

Étant donné l'aspect meurtrier des campagnes des FARC et de l'ELP, rien de surprenant à ce que des forces menaçantes se soient élevées pour les contrer. Quelque 13 000 paramilitaires comme les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), Bloque Central Bolivar, Alianza Oriente et Vencedores de Arauca disputent aujourd'hui aux guérilleros marxistes de la cocaïne le contrôle politique de zones rurales. Sur le principe qui veut que l'on devienne ce que l'on hait, ces groupes paramilitaires se sont également emparés d'une partie du lucratif commerce de drogue.