10

Une nouvelle économie politique progressiste

LONDRES – Dans un article de Foreign Affairs intitulé “The Future of History,” Francis Fukuyama a fait remarquer que malgré la colère généralisée déclenchée par le renflouement de Wall Street, ce phénomène n'a pas provoqué un grand élan de soutien des partis politiques de gauche. Fukuyama a attribué cela, à juste titre selon moi, à une panne d'idées.

La crise financière de 2008 a pointé d'importantes lacunes dans la thèse du capitalisme néolibéral et une analyse objective de ces 35 dernières années montre que le modèle néolibéral n'a pas obtenu de bons résultats par rapport aux 30 années précédentes en termes de croissance économique, de stabilité financière et de justice sociale. Mais aucune solution de rechange progressiste pertinente n'a pas encore pris forme.

Quelles devraient être les grandes lignes d'une telle solution ? Tout d'abord, une économie politique progressiste doit se fonder sur une croyance ferme dans le capitalisme, c'est à dire sur un système économique dans lequel la plupart des actifs sont des propriétés privées et où les marchés guident largement la production et la distribution des revenus.

Mais il faut aussi y intégrer trois croyances progressistes décisives : d'abord le rôle crucial des institutions. Ensuite la nécessité de la participation de l'État dans leur conception afin de résoudre les conflits d'intérêts et de fournir des services publics. Et enfin la justice sociale, définie en tant qu'équité, comme mesure importante de la performance économique d'un pays.