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Endiguer les flux de capitaux

NEW YORK – Depuis deux ans, la question de la réglementation des comptes de capital est au cour des débats financiers mondiaux. Les raisons en sont évidentes : depuis que l’économie mondiale a fait l’expérience d’une reprise à « deux vitesses », selon la formule du Fonds monétaire international (FMI), les pays avancés dont la croissance est faible ont maintenu des taux d’intérêts très bas et mis en ouvre des politiques monétaires expansionnistes, tandis que les pays émergents dont la croissance est forte reviennent sur les politiques expansionnistes adoptées pendant la récession. Cette situation asymétrique a donné naissance à d’énormes flux de capitaux, qui devraient persister, des pays avancés vers les pays émergents.

Les économies émergentes craignent que ces entrées de capitaux poussent leur taux de change à la hausse, tout en alimentant le déficit des comptes courants et les bulles spéculatives, une conjoncture qui par le passé a prouvé qu’elle était une garantie de crises futures. Le problème est aggravé par le fait que les Etats-Unis, principale place financière mondiale et émetteur de la première devise mondiale, est l’un des pays à appliquer une politique monétaire expansionniste.

Il ne faut donc pas s’étonner que plusieurs économies émergentes aient recours au contrôle des capitaux pour tenter de gérer ces flux. Cette position s’inscrit bien sûr en faux contre la doctrine préconisée auparavant par le FMI – selon laquelle les économies émergentes doivent libéraliser leur compte de capital dans le cadre du processus plus général de libéralisation financière.

En 2008, le G20 a reconnu que des mouvements financiers sans entraves pouvaient entraîner des crises coûteuses et a en conséquence décidé de re-réglementer ces mouvements. Mais il a totalement ignoré les flux de capitaux transfrontaliers, comme s’ils ne participaient pas de la finance. De plus, en raison d’une fâcheuse tournure de langage, les réglementations concernant les flux de capitaux sont péjorativement qualifiés de « contrôles » au lieu de réglementations.