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Des entreprises nouvelles pour une nouvelle ère

CAMBRIDGE – Les entreprises sont la pierre angulaire de l’économie moderne. L’essentiel de la production, de l’investissement, de l’innovation et de la création d’emplois en provient. Leurs choix déterminent non seulement la performance économique mais aussi la santé et le bien-être d’une société. Mais qui devrait gouverner les entreprises ? et au nom de qui devraient-elles prendre leurs décisions ?

La théorie conventionnelle sur laquelle s’organisent aujourd’hui nos économies veut que les entreprises soient gouvernées par les investisseurs – ou en leur nom. Cette théorie postule une séparation nette entre propriétaires et employés – entre capital et travail. Les investisseurs possèdent l’entreprise et doivent prendre toutes les décisions importantes. Même lorsque c’est pratiquement irréalisable, comme dans les très grandes entreprises où les investisseurs sont très nombreux, on fait l’hypothèse que les membres de la direction jouent le rôle d’« agents » des investisseurs – et des seuls investisseurs.

Cette théorie de l’entreprise repose sur deux fictions. La première, c’est que les investisseurs sont les seuls qui soient « investis » dans l’entreprise, par conséquent les seuls qui prennent les risques. La seconde, c’est que les marchés sont concurrentiels et sans frottements, c’est-à-dire que les salariés (et tous ceux qui sont concernés de près par les décisions de l’entreprise, notamment ses fournisseurs) peuvent rompre à tout moment leur collaboration et s’en aller ailleurs s’ils ne sont pas satisfaits de la façon dont ils sont traités.

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