1

Les chambres de recouvrement ne sont pas la panacée

CAMBRIDGE – Quelle est la préoccupation essentielle des régulateurs financiers quand ils peuvent détourner leur attention des crises immédiates (la crise grecque, le plafonnement des emprunts américains et le risque de contagion de la dette souveraine aux banques au sein de la zone euro) ?  Ils cherchent à diminuer l'exposition à long terme des institutions pour réduire le risque de la réapparition d'une crise financière analogue à celle de 2007-2008. Pour cela, ils veulent avant tout renforcer le rôle des chambres de compensation dans les transactions faisant intervenir les produits dérivés, les instruments qui ont catalysé l'effondrement d'AIG et d'autres institutions lors de la dernière crise financière.

Mais une chambre de compensation ne constitue pas une panacée, et même si cela ne saute pas aux yeux, la protection qu'elle offre à ses participants s'accompagne d'inconvénients non négligeables pour ceux qui sont en dehors.

Quand une entreprise cherche à se protéger des fluctuations monétaires, elle peut réduire son exposition au moyen d'un produit dérivé (par exemple en s'engageant à verser de l'argent à un partenaire commercial si l'euro monte, ce dernier lui versant de l'argent dans le cas contraire). Elle diminue de cette manière son exposition au risque en cas de chute de l'euro, mais le produit dérivé comporte un autre risque : le risque de contrepartie. Si l'entreprise partenaire s'effondre (comme cela a été le cas d'AIG, de Bear Stearns et de Lehman), elle ne recevra rien en cas de baisse de l'euro.

Pire encore, ainsi qu'on l'a vu à l'occasion de la crise financière, si nombreuses sont les institutions financières à avoir beaucoup de contrats de ce type, une rumeur d'insolvabilité pousse les contreparties dérivées d'une institution à demander simultanément des garanties ou à être payées. Cela peut déclancher ce qui ressemble à une panique bancaire classique susceptible de s'étendre à d'autres entreprises.