4

L'Irak après Maliki

DENVER – Le départ agité de Nouri al-Maliki de sa fonction de Premier ministre de l'Irak, a rappelé de nombreux autres sorties à suspense d'autres dirigeants politiques impopulaires. Pour de nombreux Irakiens, qui assistent à toutes les difficultés actuelles du pays à ses frontières, son départ ne s'est que trop fait attendre.

Maliki, selon ce point de vue, n'a eu de cesse de semer la division, entraîné par ses tendances autoritaires, par son manque de compétences politiques élémentaires et par son incapacité à diriger une armée en déroute. Mais son plus grand échec a été son incapacité à comprendre qu'une gouvernance réussie en Irak exige de tendre la main aux autres communautés, notamment aux Sunnites et aux Kurdes. Au lieu de cela, M. Maliki a ordonné des arrestations préventives de jeunes hommes sunnites, dans l'attente présumée de leur défection à des groupes terroristes, et a traqué ses opposants politiques, en les chassant dans certains cas de son gouvernement (et dans un cas, en condamnant un homme à l'exil).

La plupart de ces récits comportent sans doute une part de véracité. Hélas, tous les problèmes ne viennent pas de là ! La tâche de son successeur modéré et de formation occidentale au poste de Premier ministre, M. Haider al-Abadi, pour remettre les affaires en ordre ne sera pas facile.  Après tout, les Sunnites irakiens auraient toutes les raisons de soutenir Abadi maintenant que Maliki est parti.

En fait, Abadi aura fort à faire. L'Irak est en train de s'effondrer non seulement en raison de l'échec de Maliki à entrer en contact avec les 20% de la minorité sunnite du pays, mais aussi en raison de l'incapacité des Sunnites à adopter un pays dont l'expression politique majoritaire est chiite.