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L’acte d’équilibrage de la Chine

NEW YORK – Le ralentissement de la Chine est la plus grande menace à court terme pour la croissance mondiale. La valeur ajoutée industrielle a chuté en août, la croissance du crédit a ralenti de façon spectaculaire et les prix des logements sont en baisse, à cause de la chute des ventes de 20% sur un an. Compte tenu de la stagnation dans la zone euro et des perspectives incertaines du Japon, un atterrissage brutal chinois porterait un grand coup à la demande mondiale.

Beaucoup d’attention se concentre sur la croissance du PIB prévue cette année par rapport à l'objectif de 7,5% fixé par le gouvernement. Néanmoins, le plus gros problème est de savoir si la Chine peut rééquilibrer son économie au cours des 2-3 prochaines années sans avoir à subir une crise financière et / ou un grave ralentissement économique. Certains facteurs spécifiques à la Chine rendent cette issue la plus probable, mais le succès est loin d'être assuré.

Face à la crise financière de 2008, la Chine a déclenché un boom du crédit pour maintenir la croissance de la production et l'emploi. Le crédit a bondi de 150% du PIB en 2008 à 250% à la mi-2014. De multiples formes de crédit bancaire informel se sont ajoutées à la croissance rapide des prêts bancaires.

La stratégie a fonctionné : la Chine a continué à créer 12-13 millions de nouveaux emplois urbains par an. Mais l'investissement ayant augmenté de 40% à 47% du PIB, la croissance est devenue dangereusement déséquilibrée et fortement dépendante de la construction d'infrastructures et du développement immobilier. Étroitement définies, ces activités représentent 12% de la valeur ajoutée chinoise. En fait, une étude récente montre que 33% de l'activité économique de la Chine repose sur le maintien de la bonne santé du secteur immobilier.