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Le cauchemar industriel chinois

Les médias occidentaux ont l’habitude d’alimenter les polémiques. Ironiquement, concernant la Chine, la dernière polémique alimentée concerne l’alimentation elle-même. L’exécution cette semaine de l’ancien directeur de l’agence nationale de régulation de l’alimentation et des médicaments (SFDA), Zhen Xiaoyu, pour avoir accepté près d’un million de dollars en pots de vin, montre que la polémique a désormais aussi gagné la Chine.

Tout a commencé avec un déluge d’histoires au sujet d’aliments pour animaux domestiques contaminée par de la mélamine (un dérivé du charbon), de sirops pour la toux et de dentifrices contenant du diéthylène glycol (un produit chimique au goût sucré utilisé ordinairement dans l’antigel et le liquide de freins), de jouets décorés de peintures au plomb, d’antibiotiques infectés de bactéries, de batteries de téléphones portables explosives et de pneus de voiture défectueux.

Aujourd’hui, l’attention se tourne sur l’alimentation. La presse internationale est remplie d’histoires de miel rempli d’édulcorants industriels, de conserves bourrées d’additifs ou contaminées par des bactéries, de vin de riz fait avec de l’alcool industriel et de crevettes ou de poissons d’élevage nourris avec de fortes doses d’antibiotiques puis lavés au formaldéhyde pour faire baisser le taux de bactéries.

La réponse des autorités chinoises a été presque instantanée. Une enquête menée par l’Administration générale chinoise pour le Contrôle de la Qualité, l'Inspection et la Quarantaine a conclu que près d’un cinquième de tous les produits à usage domestique fabriqués en Chine ne répondaient pas aux normes de sécurité et de qualité. Dans le même temps, les autorités ont multiplié les inspections, fermé quelque 180 usines de produits alimentaires et indiqué les noms des contrevenants sur leur site Internet.