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G20 : une présidence chinoise pleine de promesses

HONG KONG – Dans un peu plus d’un mois seulement, la Chine prendra ses fonctions à la présidence du G20. Au cours de l’année à venir – et notamment à l’occasion du sommet qui se tiendra à Hangzhou en septembre – la Chine entend contribuer à poser les bases d’une économie mondiale qui soit davantage « innovante, dynamique, interconnectée, et inclusive ». Reste à savoir comment elle procédera.

Il convient en premier lieu de s’intéresser à l’actuelle présidence du G20, exercée par la Turquie, qui a placé l’accent sur l’inclusion, la mise en œuvre, et l’investissement en faveur de la croissance. Car bien que la construction d’un consensus au sein du G20 soit notoirement difficile, la présidence turque a produit trois accomplissements majeurs.

Au cours de l’année passée, la Turquie a œuvré pour la mise en place d’un nouveau cadre de responsabilisation régissant les efforts de dynamisation de la croissance dans les pays du G20. Elle a ainsi créé le Forum mondial des petites et moyennes entreprises, destiné à développer la contribution des PME à l’économie mondiale. De même, lors du récent sommet du G20 à Antalya, qui a eu lieu deux jours seulement après les attentats terroristes du 13 novembre à Paris, un consensus a émergé selon lequel la lutte contre l’État islamique constituait une « priorité majeure ».

Autrement dit, le G20 a désormais gagné en dynamique, ce dont la Chine pourra bénéficier. Et si l’actuelle Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques aboutit à la conclusion d’un accord mondialement contraignant sur le chemin de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, cette montée en puissance se révélera encore plus conséquente. Dans la mesure où les pays du G20 représentent deux tiers de la population du monde et 85 % de son PIB, ces États sont voués à faire partie intégrante de la mise en œuvre de tout accord. S’il parvient à établir un cadre conduisant ces pays à se réunir régulièrement pour discuter de défis mondiaux tels que le changement climatique, le G20 gagnera alors en légitimité – lui qui pour l’heure ne constitue qu’un club de membres auto-sélectionnés.