Digital chip CCD Matt Laskowsk/Flickr

Le dangereux projet numérique de la Chine

WASHINGTON, DC/BRUXELLES – En entrant à la bourse de New York l’an dernier, le géant chinois de l’e-commerce Alibaba est devenu du jour au lendemain la 17e plus grande société cotée en bourse, avec un capitalisation de marché de 230 milliards $ – devant Amazon, eBay ou encore Facebook. Il semble pourtant que l’Europe n’ait pas pris note de cet événement majeur.

En effet, plutôt que d’œuvrer face à l’ascension numérique de la Chine, l’Union européenne est restée fixée sur la réussite mondiale des plateformes américaines telles qu’Amazon, Facebook et Google, allant jusqu’à menacer de prendre des mesures punitives à leur encontre. Quelques mois après l’entrée en bourse d’Alibaba, le Parlement européen a adopté une résolution non contraignante destinée à empêcher les sociétés en ligne telles que Google d’ « abuser » de leur position sur le marché. Cette résolution en appelait ainsi à une « séparation entre les moteurs de recherche et les autres services commerciaux. »

De plus en plus de signaux indiquent pourtant combien le véritable défi de concurrence pour l’Europe est voué à provenir d’Orient, et particulièrement de la Chine, qui procède à une démarche protectionniste et expansionniste afin d’établir sa future domination numérique. Si l’Union européenne et les États-Unis ne travaillent pas main dans la main pour limiter la progression de la Chine sur ce front, ils risquent de laisser le champ libre à un régime réglementaire basé sur des principes qui contrarient directement les valeurs fondamentales que partagent les deux plus grandes puissances économiques occidentales.

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