4

Sortir du cauchemar du Moyen-Orient

MADRID – Le Moyen-Orient est prisonnier d’une spirale apparemment sans fin d’instabilité. La possibilité d’une intervention militaire en Syrie, accompagnée de la détérioration de la situation en Égypte depuis le coup d’État militaire, a placé la région dans une position précaire. Et malgré les changements politiques en Iran depuis l’élection présidentielle en juin, les négociations internationales portant sur ses ambitions nucléaires restent lettre morte.

Les paradoxes abondent, alors que les alliés historiques des États-Unis au Moyen-Orient (l’Arabie saoudite, Israël, la Turquie, l’Égypte et les États du golfe) ont tenu des positions opposées – et parfois en apparence contradictoires – à l’égard des principaux conflits de la région. Et, dans tous les points chauds actuels, l’affirmation des intérêts des pays voisins a rendu les choses encore plus complexes.

L’Arabie saoudite, craignant de graves conséquences intérieures de la prise de pouvoir des frères musulmans en Égypte, ne veut pas d’un mouvement islamiste légitimé démocratiquement. Elle a donc constamment pris une position sans compromis contre le mouvement des frères musulmans, même si ce dernier est moins radical que la propre obédience de l’islam des Saoudiens.

Israël, pour sa part, manœuvre de deux façons. En premier lieu, elle appuie le coup d’État en Égypte et la reconnaissance internationale du régime militaire de l’armée, assurant ainsi – du moins, elle l’espère – une plus grande stabilité le long de la frontière du Sinaï. Deuxièmement, elle progresse dans ses négociations avec les Palestiniens en fonction des évènements en Égypte et ailleurs dans la région, comme en Iran. Le secrétaire d’État américain, John Kerry a risqué sa réputation politique dans la reconduction du processus de négociation pour la paix et Israël peut aussi l’utiliser à son avantage.