prendergast5_ ALEXIS HUGUETAFP via Getty Images_central african republic Alexis Huguet/AFP via Getty Images

Quelle justice dans un État pris en otage ?

WASHINGTON, DC – La République centrafricaine (RCA), ancienne colonie française fondée le modèle de la spoliation et du diviser pour mieux régner, est un parfait exemple de la manière dont un État peut se retrouver accaparé, remanié et organisé aux fins d’un véritable pillage, qui bénéficie principalement à des acteurs étrangers. Dans un pays qui n’a connu que l’impunité, au sein duquel l’État s’apparente à une sanglante machine d’extorsion, la justice est-elle encore possible ?

La RCA jouit de ressources naturelles abondantes, notamment de pétrole, d’uranium, de forêts généreuses, de diamants et d’or. Toutes ces ressources sont néanmoins contrôlées par de violents réseaux criminels liés aux politiciens locaux, gouvernements extérieurs et intérêts commerciaux, et qui intègrent dans leurs rangs des enfants désespérés, lourdement armés. Cette situation alimente un conflit territorial, ainsi qu’un trafic d’armes et de ressources naturelles.

Au-delà de leur proximité avec les réseaux criminels, les dirigeants de la RCA s’enrichissent directement via les structures du gouvernement, qu’ils ont façonnées dans le seul but de servir leurs propres intérêts, et mobilisent l’armée du pays – ainsi que plusieurs milices – pour préserver leur pouvoir, même si cela doit signifier user d’une violence extrême.

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