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Peut-on venir à bout du terrorisme ?

Le terrorisme va sans doute marquer la nouvelle année, au meme titre qu'il a marqué 2001. Dans le futur, les historiens parleront sans doute des premières années du 21° siècle comme de "l'Ere du terrorisme". Et comme pour toute époque qui débute, nous sommes dans l'incapacité d'appréhender véritablement ce qui se passe et pourquoi. Si presque tout le monde est d'accord pour reconnaître le problème, les points de vue diffèrent sur ses causes et la manière d'y faire face.

Nous savons au moins ceci : le terrorisme naît de la colère et de la frustration. Les extrémistes jouent de l'incapacité à atteindre des objectifs politiques pour alimenter le fanatisme et justifier des formes de violence considérées normalement comme inacceptables. Au-delà de cette idée de base, il y a des divergences sur la raison de savoir pourquoi la frustration et la colère conduisent au terrorisme dans certains cas, et pas dans d'autres. Il y a en gros deux écoles de pensée sur la manière de faire face au phénomène.

Selon la première, le terrorisme moderne ne peut être éradiqué, si ce n'est à un coût inacceptable. Pour cette école de pensée, il faut donc traverser la tempête en mettant fin aux politiques qui attisent la colère et la frustration, tout en améliorant les capacités de renseignement et de défense.

Pour la deuxième école de pensée, le terrorisme peut être éradiqué en traitant ses causes profondes. Paradoxalement, cette école rassemble George Bush et Osama Ben Laden. Pour ce dernier, ainsi que pour ceux qui partagent ses idées, la colère et la frustration dans le monde musulman trouvent leur origine dans la répression et l'exploitation des musulmans par le monde extérieur. En conséquence, si l'on met fin à la répression, le terrorisme n'aura plus de raison d'être. En attendant d'en arriver là, tous les moyens sont légitimes pour combattre un ennemi puissant et cruel. Pour Ben Laden et ses alliés, le terrorisme est la seule méthode disponible pour frapper véritablement le monde occidental. Selon Abou Moussab Zarqawi, son allié en Irak, "le sang des infidèles peut être versé".