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Peut-on se réjouir d'une hausse du prix du pétrole ?

Le baril de pétrole a dépassé le seuil des 40 dollars pendant l'été, et s'approche aujourd'hui des 55 dollars. On est encore loin des records atteints pendant la révolution iranienne de 1979, et on s'attend à une baisse et à une stabilisation autour de 45 dollars. Pourtant, cette flambée a poussé les prévisionnistes à modérer leurs hypothèses de croissance.

" Ces cours élevés devraient se maintenir, " affirme l'économiste américain Allen Sinai " avec des conséquences pour la croissance et l'inflation. " Il s'agit pour lui du " plus grand risque... depuis l'explosion de la bulle spéculative en 2000-2001. "

Or Allen Sinai n'est pas seul. Si le baril se stabilise à 40 dollars, il ne devrait y avoir pratiquement aucune répercussion sur la croissance du PIB dans le monde. En revanche, à 60 dollars, les prévisions seraient revues à la baisse, de 1 % par an.

Cette situation menace également la productivité à long terme. Quand les cours du pétrole sont élevés et instables, les entreprises concentrent leurs investissements moins sur l'accroissement de la productivité et davantage sur l'utilisation flexible des ressources énergétiques. A 40 dollars le baril, le taux de croissance de la production mondiale devrait ralentir de 0,1 % par an ; à 60 dollars, d'environ 0,3 % par an.