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La montée en puissance du Hamas

GAZA – Le statut régional du Hamas, le mouvement de résistance palestinien qui gouverne la bande de Gaza depuis 2007, est sorti nettement renforcé du dernier affrontement avec Israël. Dans le même temps, le mouvement est confronté à de nouvelles questions concernant sa capacité à tirer parti des occasions diplomatiques qui s’offre à lui.

La réponse musclée du Hamas à l’opération militaire menée par Israël contre la bande de Gaza en novembre dernier, comprenant des tirs de rockets sur les environs de Tel Aviv et de Jérusalem, a démontré qu’il n’entendait en rien renoncer à sa détermination. Et à la suite de la confrontation armée de huit jours, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, qui n’avait jamais auparavant osé se montrer ouvertement aux autorités israéliennes, est entré à Gaza depuis la frontière avec l’Égypte. Accueilli triomphalement dans les rues de Gaza, il a renforcé l’idée – à Gaza même et ailleurs dans le monde – que le Hamas était victorieux.

Au-delà de Gaza, l’émergence de l’islam politique dans les pays du printemps arabe, en particulier en Égypte et en Tunisie, a créé un environnement plus favorable au Hamas. En particulier, les négociations menées au Caire et qui ont permis de conclure un cessez-le-feu avec Israël, comprenaient des contacts diplomatiques de haut niveau entre l’Égypte et le Hamas – un revirement complet par rapport à la position ouvertement anti-Hamas de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak.

Des visites de l’émir du Qatar et du ministre turc des Affaires étrangères, et d’autres dirigeants régionaux, à Gaza ont de surcroît conforté le nouveau statut du Hamas. Soutenir le Hamas  permet aujourd’hui aux politiciens de la région d’asseoir leur crédibilité localement et de récolter des donations importantes de la part de pays arabes et musulmans pour financer la reconstruction de Gaza.