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Fin de la partie pour les grandes banques

BERLIN – Le G-20 a sans doute pris une sage décision en novembre 2008 en annonçant qu’aucune banque d’importance systémique ne serait laissée à elle-même étant donné la menace d’une débâcle financière à l’échelle planétaire. Mais cette décision et les politiques boiteuses des banques centrales et des gouvernements depuis lors, ont donné aux principales banques surendettées le pouvoir de faire chanter leurs sauveurs, un pouvoir dont ils ont usé pour créer un système financier dans lequel leur responsabilité disparaît pratiquement.

La capacité des grandes banques de soutirer un tel arrangement découle d’une menace voilée : le secteur financier, et avec lui le système de paiement de l’économie, pourrait s’effondrer si une banque d’importance systémique était le moindrement poussée vers la faillite. Mais il est temps d’exiger des banquiers qu’ils abattent leur jeu, car il est en fait possible et nécessaire de distinguer la question du maintien du système de paiement du problème de l’insolvabilité bancaire.

Par-dessus tout, la décision du G-20 de venir à la rescousse de banques d’importance systémique doit être réétudiée. Les autorités gouvernementales doivent aussi répondre aux menaces des banques en déclarant leur intention de laisser le marché rendre son verdict sur les banques insolvables. Une économie de marché doit reposer sur le principe économique des pertes et profits. Une économie sans mécanismes de faillite et de règle de droit s’appliquant également à tous n’est pas une véritable économie de marché. La Loi qui vaut pour toutes les autres entreprises devrait tenir pour les banques aussi.

D’autre part, des gouvernements devraient, par une réforme des lois des faillites, garantir les prêts des banques insolvables aux sociétés non financières, ainsi que les sommes détenues dans les comptes d’épargne, les dépôts à terme et les comptes courants des épargnants privés. Il est certain que les gouvernements ne doivent pas garantir les passifs interbancaires qui ne touchent pas les dépôts des épargnants. Un syndic serait chargé de l’administration de la banque et assurerait que tous les paiements pour lesquels l’État offre une garantie sont exécutés dans les règles, avec un refinancement de ces paiements qui s’effectue encore par l’intermédiaire de la banque centrale.