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L’option de la dernière chance pour George W. Bush

Le rapport pessimiste du Groupe d’études sur l’Irak, créé pour trouver une stratégie de sortie du bourbier irakien, est un désaveu cinglant de toute la politique étrangère de l’administration Bush. Ce rapport remet en question les principes fondamentaux d’une administration guidée par une profession de foi et d’un président dont le credo politique l’a conduit à s’écarter de la culture de résolution des conflits et à favoriser une croisade s’appuyant sur la force brute.

Ne pas pouvoir mettre fin à une guerre est parfois pire que ne pas pouvoir la gagner. Ainsi, le rapport sur l’Irak est plus qu’un plan pour sauver l’Irak : c’est une feuille de route pour extirper les Etats-Unis du désastre d’une guerre ingagnable. Bien que le Groupe d’études ait soigneusement évité de formuler des recommandations précises pour un retrait rapide ou des dates précises pour un désengagement, son rapport est non seulement une réfutation sans équivoque de l’obsession de Bush de « garder le cap », mais aussi une suggestion de rapidement plier bagages.

En effet, il est irréaliste de penser que l’armée et la police irakiennes seront à même d’assumer les responsabilités des combats et du respect de l’ordre dans un avenir prévisible. Toutes les forces de sécurité du pays sont corrompues et infiltrées par des insurgés. Il n’est pas non plus clair à quel point les Irakiens tiennent encore à l’idée d’un pays unifié pour lequel il vaut la peine de se battre. Le rapport suggère en pointillé de cesser tout soutien au gouvernement irakien si celui-ci n’assume pas ses responsabilités.

Aucun des problèmes du Moyen-Orient n’a de solutions militaires, et aucun de ne peut être résolu par des actions unilatérales. Le rapport a raison de remettre en cause l’insistance de Bush à rejeter l’Iran et la Syrie comme interlocuteurs pour un ordre régional plus stable. L’Iran est le pays ayant le plus d’influence en Irak et la Syrie est devenu le point de passage obligé des armes et des insurgés du champ de bataille irakien. Il n’y a simplement aucun moyen de stabiliser l’Irak tant que les Etats-Unis ne passeront pas d’une politique de désengagement à une politique de dialogue avec ces deux principaux trouble-fêtes régionaux.