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Le Brexit et les perdants de la mondialisation

LONDRES – En tant qu'Européen fervent, je suis horrifié par le résultat du référendum sur le Brexit qui aboutira presque certainement à notre sortie de l'UE. Je craignais depuis plusieurs années qu'une immigration massive vers le Royaume-Uni n'entraîne une réponse populiste néfaste.

Les élites mondiales doivent retenir la grande leçon du Brexit et agir en conséquence. Contrairement à un discours spécieux maintes fois entendu, la mondialisation du capital, du commerce et des flux migratoires n'est pas "bonne pour tout le monde". Si nous ne prenons pas en compte ses répercussions négatives, le Brexit ne sera ni la dernière, ni la pire de ses conséquences.

Au début des années 1990, l'immigration nette vers la Grande-Bretagne était proche de zéro. Elle a commencé à augmenter à la fin de cette décennie et a fait un bond après que huit pays de l'ancien bloc communistes aient rejoint l'UE en 2004, la Grande-Bretagne ayant renoncé, contrairement à la France et à l'Allemagne, à son droit d'imposer un délai de sept ans avant d'accorder la liberté de circulation aux ressortissants des nouveaux pays membres. L'année dernière, l'immigration nette vers le Royaume-Uni s'élevait à 333 000 personnes, tandis que la population augmentait de 500 000 personnes. Selon des prévisions crédibles, la population du pays qui est de 64 millions pourrait dépasser 80 millions en 2050.

Sans aucun doute l'immigration a-t-elle beaucoup d'effets positifs ; et si Londres est une ville merveilleuse, c'est dû en partie au mélange de différentes cultures. Néanmoins la commission économique de la Chambre des Lords dont j'étais alors membre a signalé dès 2008 que l'immigration massive en cours se faisait au détriment de toute une partie de la population.