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L’appel aux armes de Breivik

NEW YORK – Supposons pour l’intérêt du débat que Geert Wilders, politicien néerlandais convaincu que l’Europe est « en phase finale d’un processus d’islamisation », ait raison lorsqu’il affirme qu’Anders Breivik, l’auteur du massacre de masse norvégien, est un fou. Wilders a twitté : « Je trouve écourant qu’un psychopathe ait profité de la lutte contre l’islamisation, et c’est une véritable gifle pour les partisans du mouvement mondial contre l’islam. »

Une telle hypothèse n’a rien de farfelu. Il est clair que diriger, fusil d’assaut à l’épaule, l’assassinat de plus de 60 jeunes innocents lors d’un camp d’été, après avoir fait exploser une bonne partie du centre-ville d’Oslo est, pour le moins, moralement excentrique - pour employer le plus fort des euphémismes - et c’est une idée qui ne viendrait jamais à l’esprit d’une personne sensée.

Il en va naturellement de même lorsqu’un groupe de jeunes hommes décide d’assassiner des centaines de personnes en se suicidant aux commandes d’avions de ligne venus frapper les imposants bâtiments publics de New York et Washington. Pourtant, ni Breivik ni les terroristes du 11 septembre 2001 n’ont tué sans raison, comme cela peut être le cas de certains tireurs américains nihilistes.  Les islamistes considèrent leurs actes de massacre au hasard non pas comme un coup de publicité personnelle, mais comme une tactique inscrite dans la ligne d’une guerre sainte contre l’Occident pêcheur et décadent.

Breivik se considère, lui, comme un guerrier du camp adverse. Sa mission avait pour objectif de protéger l’Occident de l’islamisation. Ses ennemis ne sont pas seulement les musulmans, mais également les élites libérales occidentales et leurs enfants, qui détruisent l’Europe de l’intérieur en tolérant le « multiculturalisme » et le « marxisme culturel ».